Nos premières années

2022

Nous sommes arrivées à la ferme en octobre 2022.
Qu’avons nous fait depuis ?!?
On a pris possession des lieux à titre personnel, bien entendu.
Puis, on a anticipé tout ce qu ‘on a pu !
Nous avons planté des piquets pour délimiter la parcelle où seront les zones cultivées. Cette petite clôture nous servira de repère pour nos futures plantations d’arbres.

Puis nous nous sommes attaquées à la grange. Elle était remplie de paille du sol au plafond. La grange deviendra notre bâtiment professionnel, on a donc besoin de la vider et de la nettoyer. On a fait quelques trajets à pieds avec notre remorque et nos brouettes.

Autant utiliser toute cette matière pour nourrir le sol aux emplacements des futures zones cultivées !
On a alors pu découvrir l’intérieur de la grange qu’on n’avait pas encore vu. Nous sommes sous le charme.
Et puis on a préparé les abords de la grange car on a décidé de partager cet espace avec 2 colocataires.
Nos ânes prendront possession des lieux en février 2023.

Pour en savoir plus sur ces 2 charmantes âmes, rendez vous ici.

L’année 2022 s’achèvera une fois qu’on aura planté notre premier petit linéaire de 36 arbres ; le premier d’une certaine série 🙂 Plus d’infos sur les haies ici.

2023

En janvier 2023 un pan du toit de la grange est refait. Les tuiles avaient commencé à glisser, il y avait urgence à mettre le bâtiment hors d’eau.
En parallèle, on a acheté notre matériel professionnel et puis on a commencé les installations maraîchères.
Nous avons monté 3 petites serres et installé le système d’irrigation correspondant.

Il s’agit d’une installation provisoire car en 2024 nous monterons 2 grands tunnels et, puisqu’alors l’installation sera complète, il nous faudra avoir le système d’irrigation adapté. On n’est que fin 2022-début 2023, ça nous paraît encore très loin ! Ça nous paraît d’autant plus loin qu’on se noie sous les démarches administratives en parallèle de tout ça.
On a apporté beaucoup (!!!) de matières sur les futures zones cultivées. Nous avons fait le choix de ne pas casser la prairie en réalisant, par exemple, un sous-solage. Nous souhaitons préserver et encourager la vie du sol et ça commence par ce choix. Nous le faisons en ayant conscience des inconvénients que cela implique comme, par exemple, des plantations sportives pendant quelques temps, au moins, des campagnols qui vivaient déjà là, qu’on ne dérange pas et à qui, en plus, on offre de la nourriture etc.
Puis vient le temps des premières plantations, des premiers semis, des premières sessions de désherbage et autres opérations culturales.

Fin mai 2023 nous récoltons nos premiers légumes.

C’est également au printemps 2023 que les travaux de la maison commencent sérieusement. Les travaux de gros œuvre dureront un certain temps. Tout est réalisé par des professionnels, nous on se charge uniquement de la démolition et de la coordination.
La maison et la grange vont être dotées d’un réseau électrique fonctionnel et aux normes, de même pour la plomberie.

Le toit de la maison va faire peau neuve.

Les menuiseries de la maison vont être remplacées afin que tout soit étanche. Ainsi la maison va pouvoir être isolée et équipée d’une VMC. Nous déplaçons nos affaires, ou plutôt notre campement, dans la maison au gré des travaux.
La définition de « nous » s’impose : les 2 humaines, leurs chats, leurs lapins et leur chien.
Et puis, petit bonus, suite à une maldonne sur le chantier, nous n’aurons qu’un seul et unique point d’eau fonctionnel, à savoir une douche, pendant une grosse année. Ça donne un côté toujours plus épique à notre vie pendant notre première saison maraîchère à la ferme en vivant dans un lieu en travaux !
Côté production, nous avons une gamme restreinte. On avait peu de temps pour pouvoir produire des légumes donc pour le printemps-été 2023, on est allées à l’essentiel. On plante et on sème dans de nouveaux espaces pour l’automne et l’hiver au fur et à mesure afin de pouvoir proposer autant de diversité qu’on peut en peu de temps toujours. Côté météo on a de la chance : le printemps et l’été 2023 sont parfaits !

Les travaux prennent du retard en ce qui concerne l’isolation et la plâtrerie. En parallèle on auto-construit notre phyto-assainissement.
Puisqu’on avait l’obligation de mettre aux normes l’assainissement, on a opté pour la solution qu’on trouvait la plus éco-responsable.
Toute l’année on a participé aux réunion d’organisation des Rendez vous à la Terre de Chapelle-Voland. A l’automne l’événement se déroule, entre deux travaux maraîchers, dans la joie et sous un soleil radieux !
L’année 2023 se terminera avec une production satisfaisante et une planification très dense pour les prochains mois.

2024

En janvier 2024 grâce à un super chantier participatif on plante 600 arbres ! Il a été repoussé un certain nombre de fois à cause de la pluie qui ne nous permettait pas de préparer le sol des linéaires.

Plus d’infos sur les haies ici En avril, on ouvre nos jardins le temps du week-end de Jura de Ferme en Ferme®.
En mai 2024 on emménage réellement. On ne vit plus dans la poussière et on déballe nos cartons avec joie ! Ce confort nous apporte de la sérénité.
Et … après des mois à monter nos nouvelles serres, c’est un chantier participatif qui nous permet de les bâcher. En mai 2024 le montage est achevé.

Mais on n’a pas seulement monté les serres. On a passé tout l’hiver dans la boue des tranchées à installer notre système d’irrigation définitif, en parallèle des plantations, récoltes, amendements et autres opérations culturales.
Globalement, l’année 2024 est pluvieuse.

Cela amène des maladies fongiques, entre autres, dans les cultures mais également du désherbage à l’infini.
D’ailleurs nos jeunes arbres qui ont déjà été plantés trop tard se retrouvent engloutis sous l’herbe car leur paillage a lui aussi été repoussé, faute d’avoir un sol qui porte. Oui, le paillage de 600 mètres linéaires se fait au tracteur et non à la brouette 🙂
Alors on a encore une équipe au top qui vient nous aider à les libérer. Débroussailleuses, sécateurs, et surtout mains gantées sont à l’action. Sous la chaleur d’août tous nos jeunes arbres vont être désherbés ; l’espoir qu’ils vivent est permis !
Le maraîchage se poursuit avec, entre autres, des assolements intéressants en vue pour le printemps suivant.
On travaille sur notre système d’irrigation également. Il s’agit d’amener l’électricité dans les jardins afin de pouvoir utiliser un programmateur. Cela permet une précision qui rend le système toujours plus économe en eau.
L’automne-hiver 2024 c’est aussi la période de l’arrivée de notre citerne.
Kesako ? En 2022 on s’est demandé comment on allait irriguer les cultures. Il existe 3 possibilités : pomper dans un cours d’eau, pomper l’eau souterraine ou utiliser l’eau potable du réseau.
Nous n’avons pas de cours d’eau à proximité et les 2 foreurs qui travaillent sur notre secteur nous ont assuré la même chose : « inutile, on n’y arrivera pas ». Alors ok pour utiliser l’eau potabilisée mais à une seule condition : ce sera notre plan B ! Puisque la toiture de la maison est neuve, autant profiter de son haut coefficient de ruissellement : nous allons irriguer avec l’eau pluviale. De recherches en recherches, nous avons opté pour une citerne souple comme solution de stockage. Une citerne souple se pose sur un sol plan et de niveau préparé par une entreprise de terrassement. Et puis il y a la récupération de l’eau de pluie : nous avons créé un réseau de tuyaux raccordés à nos gouttières de sorte à ce que l’eau s’écoule jusqu’à la citerne.
Et puis il y a le pompage de l’eau de la citerne afin qu’elle soit distribuée dans le système d’irrigation.
Donc nous avons construit un petit cabanon afin d’y installer la pompe avec notre programmateur et les compteurs correspondants.

Donc après avoir creusé quelques tranchées, non seulement entre la maison et la citerne, mais aussi entre le cabanon et les différentes vannes des zones à irriguer et s’être initiées à la maçonnerie et à l’électricité, nous voilà capables de récupérer l’eau de pluie, de la filtrer, de la stocker et enfin… d’irriguer avec ! Il ne s’agit que de l’irrigation ; le lavage des légumes, lui, est obligatoirement opéré avec de l’eau potable. Ah oui donc, on a aussi fait les travaux permettant à l’eau du réseau d’arriver non seulement dans notre « station de lavage » mais aussi jusqu’à notre programmateur. Effectivement, nous avons bien dit plan B : nous savons que nous ne serons malheureusement pas totalement autonomes en eau pluviale et que nous avons besoin d’être en capacité de nous rabattre sur l’eau potable. 2024 aura été si pluvieuse que l’irrigation (sous abris uniquement) n’aura pas nécessité d’eau potable.
Enfin, on est fidèles à notre habitude : on plante quelques arbres en fin d’année ! Au programme un petit verger et une haie diversifiée avec des essences qu’on n’avait pas encore implantées. Cette fois ce sont des étudiants en BTS GPN au lycée agricole de Montmorot qui nous prêtent main forte.

Tous les détails ici

2025

En 2025, nous prévoyons une année « classique » , sans chantier particulier. Nous avons toute notre surface cultivable en plein champ et sous abris pour la première fois pour l’année complète.
On innove donc avec la production de nos premières fraises. Nous sommes ravies de pouvoir avoir une gamme de printemps plus riche que les années précédentes.
Et puis on arrive vite en été où nous vidons notre citerne car trop de semaines chaudes et sèches se sont succédé.
Jusqu’au 20 juillet.
Le 20 juillet il fait beau et chaud, comme la veille, l’avant veille etc…
Et puis vers 15h le ciel noircit, le vent se lève et la température baisse. On ferme les serres et on s’assure que nos animaux sont à l’abri.
En 10 minutes, le fameux orage supercellulaire est passé sur la ferme avec ses tornades de grêle spectaculaires, son vent incroyable et sa pluie torrentielle.
On n’a pas osé aller voir les jardins tout de suite. Un arbre a emporté nos câbles d’électricité et de télécom en tombant entre la maison et notre utilitaire. On n’entend plus rien ; pas un oiseau, pas un chien, pas une mouche… C’est un moment suspendu.
Et puis on va constater qu’une de nos petites serres est pliée, que les autres sont abîmées, que nos voiles (ombrage et anti insectes) sont arrachés, que toutes nos cultures de plein champ sont hachées menu :
tomates, courgettes, salades, mais surtout nos choux, courges, poireaux, oignons et autres légumes destinés à être récoltés en automne-hiver. On comprend tout de suite que les conséquences de cette tempête vont nous accompagner pendant des mois et des mois. On est focalisées sur l’état de notre travail et de notre outil de travail. Puis on réalise que nos jeunes arbres sont blessés. Ils vont devoir se débrouiller car on ne peut malheureusement pas s’en occuper. Les anciens arbres sont presque tous cassés. Notre grange a pris l’eau pour la première fois.

Concrètement, on ne sait plus où donner de la tête et en fait, on ne sait pas par quoi commencer. Assez vite on bénéficie d’un élan d’humanité. Nos connaissances et/ou clients prennent de nos nouvelles, nous proposent leur aide, sont attentionnés. Ça nous donne de la force alors on improvise et on avance. Ou pas … car le 30 juillet, un orage nous surprend à nouveau et vient abîmer le pignon d’une serre qui avait été épargné 10 jours avant,

Et puis bien sûr on liste et on chiffre tout ça. Le verdict c’est que là non plus, on n’y arrivera pas seules.
Alors on demande de l’aide financière et on bénéficie d’un élan de solidarité assez fou.
Là, on est déjà en automne. On n’a pas la gamme qu’on avait prévue, on ne fait pas les chiffres qu’on aurait dû et on a une surcharge de travail mais on est pleines de gratitude.
On participe aux Rendez vous à la Terre de Torpes et Chapelle-Voalnd au début de l’automne et, ça aussi, ça nous met du baume au cœur.
On avait prévu, entre autres, une plantation d’arbres, pour l’hiver 2025-2026, mais on doit y ajouter l’achat, la préparation du sol et le montage d’une nouvelle serre avec son nouveau système d’irrigation.
Cette fois, on plante un bosquet d’une part et des haies à l’intérieur de nos zones cultivées d’autre part. On atteint, en 2025, le millier d’arbres plantés à la ferme grâce à un nouveau chantier participatif !

Le détail des essences ici

2026

On intègre à nos plannings l’installation du nouveau tunnel. Le reste attendra car la serre doit pouvoir accueillir les plants de tomates au printemps !
On s’occupe également des nombreuses réparations nécessaires sur tout ce qui nécessitait plus de temps et de moyens et, surtout, qui pouvait attendre.
A côté, comme d’habitude, on plante, on sème, on soigne, on récolte, on amende, on planifie, on vend, on entretient etc.
En mai, on accueille un petit festival inclusif de partage des savoir-faire. Une quarantaine de personnes s’initient, se perfectionnent et échangent le temps d’un week end.
Alexandre, étudiant en BTS Métiers du Végétal, vient mettre en pratique ses apprentissages sur la ferme pendant 10 semaines de stage en tout. C’est un plaisir de parler techniques mais aussi paysannerie, biodiversité et sol vivant avec lui.

A suivre …