Les infrastructures agroécologiques
L’agroforesterie, ou, plus largement, la couverture végétale des sols, cherche à assurer un équilibre naturel et fonctionnel du système agricole à travers la diversification, l’étagement des cultures et un maximum de complémentarités entre les différents « compartiments » de l’écosystème (sol, plantes,
animaux, atmosphère).
En d’autres termes, l’agroforesterie passe par une agronomie retrouvée et des cultures aussi variées et étagées que possible dans la mosaïque agraire, avec l’arbre et la haie comme maillons essentiels du cycle de la fertilité. Des maillons souvent à reconstruire, pour un maillage paysager qui produit, protège, régule,
amortit, amplifie… Des strates de végétation nombreuses, diversifiées, complémentaires pour produire plus et mieux, chaque jour de l’année. Les arbres sont bénéfiques au climat, à la ressource en eau, à la santé du sol, à la biodiversité, et aux bien-êtres humain et animal.
En 2022 et 2023 nous avons planté des haies champêtres en simple rang pour la majorité des linéaires. Et il y a un tronçon planté en double rang avec une fonction plus spécifiquement attendue comme brise vent afin de protéger les cultures des vents dominants.
Les essences d’arbustes et buissons sont :
- Aubépine monogyne
- Bourdaine
- Camérisier à balais
- Cornoulier sanguin
- Eglantier
- Fusain d’Europe
- Nerprun purgatif
- Noisetier
- Saule marsault
- Saule pourpre
- Saule noir
- Troène commun
- Viorne lantane
- Viorne aubier
Et les essences d’arbres de haut-jet sont :
- Charme
- Chêne sessile
- Erable champêtre
- Merisier
- Noyer commun
- Peuplier tremble
- Pommier sauvage
- Tilleul à grande feuille
On a également planté des boutures de saule blanc dans la continuité des essences ci-dessus dans les zones qu’on a identifiées comme étant particulièrement humides. Ces saules seront taillés en trogne afin de
devenir des « têtards ». A partir de la première taille (en année 3 ou 4), on les rabattra chaque année. Il y a plusieurs objectifs dont l’obtention d’un habitat particulièrement intéressant pour la biodiversité. En effet, les trognes sont «2-en-1 » ; le tronc devient un vieil arbre alors que les rameaux, se renouvelant chaque année, sont toujours très jeunes.
En 2024 c’est un verger de 22 arbres fruitiers que nous plantons. Il s’agit de pommiers, poiriers, cerisiers et pruniers.
Nous ne souhaitons pas forcément récolter les fruits, notamment parce que le calendrier étant le même que les légumes, il nous manquerait des heures dans une journée. Si nous pouvons nous régaler de quelques fruits et/ou en vendre, tant mieux, sinon, ils feront le plus grand bonheur des oiseaux et autres animaux sauvages. Et puis, comme tous les autres arbres, ils permettront de créer un micro climat, de stocker du carbone, produire de l’oxygène, retenir l’eau, nourrir les pollinisateurs, enrichir le sol etc…
Nous avons également planté une haie gourmande qui contient les essences suivantes :
- Pêcher
- Poirier
- Cognassier
- Néflier
- Cytise
- Baguenaudier
- Argousier
- Noisetier commun
- Aubépine monogyne
- Epinette-vinette
C’est une sélection d’essences pensée en lien avec l’évolution du climat. Les réflexions menées confèrent à cette haie un caractère expérimental et un rôle de support pédagogique à moyen et long termes.
En 2025, nous avons planté un bosquet composé de ces essences :
- Erable champêtre
- Alisier torminal
- Charme commun
- Poirier commun
- Chêne sessile
- Tilleul à petite feuille
- Aubépine monogyne
- Fusain d’Europe
- Pommier sauvage
- Genêt à balais
- Bourdaine
- Viorne aubier
- Troène commun
- Chêne pubescent
- Orme Lutèce
- Chêne rouge d’Amérique
Et des arbres de haut-jet :
- Frêne à fleurs
- Noisetier commun
- Sureau noir
- Saule blanc
- Saule marsault
- Aulne glutineux
- Prunellier
Le bosquet d’une part et les arbres hauts, plus ou moins isolés, d’autre part constituent d’autres habitats accueillant toujours plus de biodiversité. Les arbres du bosquet sont plantés aléatoirement dans une zone que nous avons choisie étant donné qu’elle est éloignée des zones cultivées et donc de la présence humaine. De plus des arbres anciens sont déjà présents donc on apporte à la fois du renouvellement et de la diversité avec de jeunes arbres.
En 2025 nous plantons, pour la première fois, des arbres entre nos jardins maraîchers. On a eu besoin de bien prendre notre outil de travail en main et de prendre le temps de l’observer afin de déterminer où
implanter des arbres.C’est pourquoi cette plantation a été programmée relativement tard.
Les essences que nous avons choisies ont en commun d’être comestibles (fleur et/ou fruit). Il s’agit de noisetiers à gros fruits, de caraganiers, d’amélanchiers et d’arbousiers.
En plus de ce millier d’arbres et arbustes que nous avons planté, il y a tous ceux qui étaient déjà présents sur la ferme depuis des décennies. Nous en prenons soin afin qu’ils nous fassent profiter de leurs nombreux services le plus longtemps possible.
Parmi eux, il y a les ronces. Il s’agit d’un habitat très utile à la biodiversité. Nous faisons en sorte de la contenir afin qu’elle ne s’étende pas outre mesure, pour autant nous la laissons faire ses cycles.
A notre arrivée nous avons trouvé 2 arbres morts sur la ferme . Nous les conservons soigneusement car ils constituent à eux seuls de précieux écosystèmes encore différents de tout ce que nous avons évoqué jusque là.
La diversité des milieux est la clé de la richesse qui permet d’aller vers un maximum d’hospitalité pour le Vivant.
A suivre …
